La Plage

Macro view of lights in a party in Gettysburg

Elle attrapa doucement son verre de lambrusco rosé et se retourna pour contempler la plage. Le sable était noir et epais. Volcanique.

Elle aussi se sentait comme sortie d’un volcan. Les personnes présentes à cette teuf y étaient clairement pour quelque chose.

C’était de ces fêtes tropicale où les gens semblent danser au ralenti sur de la musique trop forte qui donne envie de se rapprocher, le coucher de soleil sur les palmiers.

Toutes les meufs étaient en maillot de bain assortis de chemises tellement légère qu’elles en étaient presque transparente et remuaient au rythme des basses sans jamais renverser la moindre goutte de leur flûte à Champagne.

Elles étaient de toutes les races et morphologies et elles transpiraient littéralement le bonheur, la certitude d’être en sécurité, de pouvoir se lâcher sans craindre les regards hostiles ou méprisants.

Certains regards, ceux qui étaient visiblement plein de désir, rencontraient des sourires entendus et, parfois, des invitations à laisser ces envies s’exprimer.

« Nan mais chaton. Sérieusement ?

– Ben quoi ?

Lou releva la tête pour voir l’air affligé de Ram.

– Ben je sais pas… Ta fête là franchement je déteste, c’est trop bourgeois, j’ai jamais vu ça ailleurs que dans un film de mec cis hétéro qui se rince l’œil.

– Bah oui mais je suis pas un mec cis hétéro qui se rince l’œil quand même. C’est pas ma faute si ça me fait kiffer d’imaginer une grosse bande de gouines s’éclater à mort sur de la tropical house en bord de mer.

– Mouai. J’sais pas. Tu devrais peut-être trouver un autre truc ?

– Tu veux dire que le monde est déjà pas capable d’admettre que les lesbiennes peuvent aimer le cul et se chauffer de ouf en faisant la teuf, si en plus c’est raconté par une transgouine ça va faire scandale ?

– Ben. Ouais ?

– Putain.

– Chaton, c’est putophobe.

– J’vais te montrer ma grosse putophobie tu vas voir ! »

Ram poussa un cri soudain qui pris fin en éclats de rire sous les doigts experts de Lou qui lui chatouillait sauvagement les côtes.


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